Non ce n’est pas que le maire parle de lui à la troisième personne qui est relevé ici. Ni qu’il affirme n’avoir jamais (vraiment?) coupé le micro depuis 20 ans qu’il est maire.
La scène visible ici se passe au conseil municipal du 22 mai 2023. On vote pour que la vente d’ouvrages prévue pour le salon du livre de la jeunesse, soit confiée « en partie » au supermarché Leclerc de Rueil-Malmaison. (La ville compte quand même plusieurs librairies, qui elles ne peuvent pas vendre des casseroles)
Et c’est là que le maire s’énerve et coupe le micro à Vincent Poizat qui avait commencé à réclamer que « la vente d’ouvrages soit confiée à des professionnels de la vente de livres, à savoir les libraires ». L’élu d’opposition, interrompu par d’autres élus, essaie de finir son propos et poursuit en expliquant que « le patron de Leclerc, c’est un bon copain de M.Ollier, voilà, il profite de tout ce qu’il peut avoir… » déclenchant la colère de l’édile qui lui coupe alors la parole.

Après sa ferme reprise en main, le maire met fin aux discussions affirmant « qu’on vous avez déjà répondu et qu’on ne changera pas notre position ». Il fait voter la délibération et revient à la charge d’un ton menaçant : « faites attention M.Poizat, n’utilisez pas ce genre d’argument, parce que c’est très incorrect dans une délibération dans un conseil municipal public, de mettre en cause personnellement les rapports des uns avec les autres, à commencer par les rapports du maire. Ce n’est pas convenable. Alors si vous voulez vous expliquer sur ce plan là, on pourra le faire, mais pas dans ce lieu ».
Encore une fois, le maire semble édicter une règle de droit qui lui est favorable.
Le conseil municipal a une compétence générale de droit commun pour régler par ses délibérations les affaires de la commune, aux termes de l’article L. 2121-29 du CGCT. Aucune définition précise et limitative de cette notion d’affaires communales n’est donnéeDonc, sans présumer du fond de cette discussion, s’il faut éventuellement examiner des liens qui pourraient aboutir à du favoritisme ou des conflits d’intérêts au sein de l’exécutif municipal, alors le conseil municipal est l’instance idéale par définition.











