Conseil municipal du 20 novembre 2023, à voir ici
Un ton bien solennel pour le vote de cette délibération concernant la vente d’un pavillon rue Pierre Brossolette.
« A sa demande », le maire a choisi de rester à l’extérieur, indique l’adjointe à l’urbanisme, qui a pris les rênes de la séance. Le directeur de cabinet du maire est sorti également.
Un adjoint aux finances jargonnant prend la suite : « Alors évidemment si vous voyez que monsieur le maire, heu, nous lui avons demandé de sortir, c’est pour répondre à, heu, l’ensemble de la juridiction. » (sic)
Il s’agit de vendre un pavillon appartenant à la ville pour 540 000€, « pour une valeur estimée par les domaines de 523 000€ » s’empresse d’appuyer l’adjoint.
Mal à l’aise, et s’emmêlant encore les pinceaux, il ajoute que « le pavillon est vendu par une SCI et par transparence, nous devons exprimer que ce SCI sera une détention à 50% des parts par M.Mallet, directeur de cabinet. A partir du moment où le directeur de cabinet est directement sous la, le, les ordres de monsieur le maire, il est certain que monsieur le maire étant dans une position de potentiel conflit d’intérêt et conformément à la jurisprudence entrée en vigueur, il ne prendra pas part au vote et donc, Monique, il est sorti de cette salle. »
Une élue de l’opposition prend alors la parole mais passe à côté du « potentiel conflit d’intérêt » sans s’arrêter. « Une fois de plus, dit-elle, la ville manque une opportunité de choisir de faire de ce lieu un lieu d’hébergement passager pour personnes en grande difficulté, on en manque énormément sur la ville, c’était l’occasion… »
Voyant sans doute tous ses efforts pour pointer un « potentiel conflit d’intérêt » passer inaperçu auprès de l’opposition, l’adjoint aux finances s’emporte et engueule littéralement Martine Jambon : « Vous ne savez même pas le patrimoine municipal que nous mettons à la disposition des personnels et des personnes en difficulté. »
Et comme un instituteur de l’autre siècle, il poursuit encore plus énervé : » Si je vous interroge madame, qu’est-ce que nous avons comme pavillons, qu’est-ce que nous mettons à disposition, quels sont les les appartements que nous mettons à disposition, vous le savez !? »
Reprenant ses esprits, il a indiqué qu’il fournirait justement la liste de ces pavillons du patrimoine de la ville. Une promesse qui avait déjà été faite auparavant mais pas tenue.
En tout état de cause, le « potentiel conflit d’intérêt » est passé inaperçu.
Le directeur de cabinet du maire a pu mettre la main sur un pavillon de la ville dont il a la gestion, et ce sans mise en concurrence. L’achat s’est fait par l’intermédiaire d’une société civile immobilière détenue à 50/50 par lui et une autre personne dont le nom figure parmi les mécènes du dernier jubilé impérial organisé par la mairie. Un autre « potentiel conflit d’intérêt » passé inaperçu…











