Conseil municipal du 8 octobre 2024, séquence à voir ici
Une bronca ! Moment inédit et fascinant au conseil municipal. C’était comme si le musée Grévin prenait vie. Sans doute la première fois de la mandature qu’une grosse partie des élus de la majorité ont manifesté un signe de vie, ensemble, comme un seul râle, tous debouts, scandalisés, horrifiés, énervés contre la proposition d’un élu de l’opposition.
Le maire appelle même son adjoint aux finances à faire attention à son cœur tellement la tension est montée brutalement.
Il n’y avait pourtant au départ aucune intention maligne, maléfique ou sournoise de la part de ce conseiller qui ne faisait que proposer une solution, à l’incapacité révélée deux minutes auparavant du maire et de son adjointe à l’éducation, à faire manger les enfants et réduire les déchets alimentaires.
Des enfants qui rechignent à manger ce que Scolarest leur sert et ce sont 7 tonnes, 7000 kilos de nourriture qui finissent à la poubelle par mois. Alors que faire ?
« Si vous avez la solution pour que les enfants mangent tout ce qu’on leur sert, heuuu, je serais tentée de vous dire, heuuu, vous me le dites », avoue impuissante Martine Mayet, l’adjointe à… l »éducation.
Parce que « ce problème réel d’approche de la nourriture est un problème d’éducation des enfants. Nous ne sommes pas nous là pour éduquer les enfants. Ce n’est pas notre rôle, c’est le rôle des parents », affirme le maire.
Et à son tour invite le conseiller Poizat à répondre : « si vous avez une solution, il faut venir nous la donner et je serai ravi de l’entendre. »
Mais manifestement, il n’était pas prêt à l’entendre. Quand Vincent Poizat reprend la parole pour proposer que la cantine scolaire soit reprise en régie municipale », c’est la montée de bouclier, le libre champ aux railleries des partisans du maire. On peut même en entendre un dire « c’est le moyen âge »!
« C’est pas possible d’entendre ça » s’énerve l’adjoint aux finances à en taper sur la table.
« François reste le calme, fais attention à ton coeur », plaisante à moitié le maire.
Malgré les quolibets, Poizat insiste pour expliquer que la qualité de la nourriture a un impact sur l’appétit et persiste malgré les interruptions à apporter des arguments à base de mots savants : « la qualité organoleptique des plats qui sont préparés la veille ou l’avant veille et qui sont réchauffés ensuite dans les locaux des cantines, c’est pas le même goût que quand vous cuisinez le matin et que les enfants dégustent un plat qui est cuisiné le matin même. »
Le maire cette fois invite le conseiller à suspendre ses explications en l’invitant à être « suffisamment aimable pour faire ces propositions par écrit au maire. Je me ferais un bonheur de vous répondre. »
La proposition n’est pourtant pas insensée. Plusieurs écoles privées à Rueil offrent encore une cuisine faite sur place. Et à deux kilomètres, Puteaux est toujours en régie. D’autres villes en France ont elles effectué un retour vers la régie pour un meilleur contrôle de ce qui est servi à leurs enfants.
A Rueil, le prestataire Scolarest, filiale de la multinationale Compass, à remplacer Elior en 2023 aux commandes de la cuisine centrale pour une durée de 10 ans.











