La séquence édifiante une nouvelle fois sur la méthode d’intimidation employée par le maire contre certains élus, le plus souvent élu-e, se déroule au conseil municipal du 23 juin 2025. A voir, écouter ici
Il faut avouer, qu’avec à peine quelques conseils dans les jambes, Isabelle Delhaye, l’élue d’opposition, que certains n’hésiteraient pas à qualifier « de gauche » y est allé un peu fort au moment où il s’agissait de voter sans broncher une délibération proposant de former les policiers municipaux « au maniement des armes, bâtons et techniques professionnelles d’intervention ».
Elle s’est prise pour une élue locale et a osé sous forme de question, critiquer la politique en matière de police municipale.
« Oui monsieur le maire, j’ai une question. Je voulais savoir si outre ce genre de formations à l’intervention armée des policiers municipaux, si vous aviez envisagé un volet plus préventif qui serait par exemple basé sur la réflexion éthique, le développement des compétences psychosociales essentielles à une médiation réussie, de la maitrise de soi, la régulation des émotions ou l’analyse, la prise de décision efficace, l’empathie, la communication constructive, et caetera »
Lambin comme à son habitude, l’adjoint au maire à « l’habitat, à la prévention et à la sécurité » a essayé de contenir sa rage face à tant d’insolence et de manque de respect à l’égard de ce qu’il semble considérer comme sa police, en répondant avec un ton pesant, un débit lent, lourd, façon tonton parrain.
« Que répondre, madame, quand le maire décide d’engager des policiers municipaux, il y a un filtre de 4 personnes qui est faite (sic) », a -t-il commencé à répondre exaspéré.
Rappelons ici que ces « 4 filtres » n’ont pas empêché le recrutement et le limogeage en urgence du chef de la police municipale après les nombreux témoignages d’agents qui soulignaient le comportement et les propos déplacés, rabaissant, misogynes de ce chef de service. (Le Parisien, 15 août 2022)
Bref, après deux minutes de réponse sans rapport, quand l’élue essaye de lui dire que ce n’est pas ce qu’elle a demandé, l’adjoint la reprend froidement : » Vous me laissez parler et vous reprendrez derrière la parole ».
« Si je la donne ! », renforce le maire
« Maintenant madame, reprend l’adjoint pour conclure sa lente réponse, une police municipale, c’est pas fait non plus pour jouer les Bisounours ».
Ce n’est pas du tout ce que suggérait Isabelle Delhaye. Elle va essayer à deux reprises de le préciser mais en vain. Le maire va l’empêcher de reprendre la parole comme si le droit d’expression des élus émanait de sa seule volonté.
Il faut dire qu’il est quand même aidé, dans cette conception de la démocratie locale, par des élus « d’opposition » dociles, respectueux et très très polis.
Et il est encore étonnant, une nouvelle fois, que tous les élus de l’opposition se soient écrasés devant une telle atteinte à leur liberté de parole au sein du conseil.











