« Ah 7 tonnes c’est énorme ! », s’étonne l’agent nanterrien à qui on annonce le volume d’aliments qui finissent à la poubelle des cantines scolaires de Rueil CHAQUE mois.
« Nous, explique-t-il, c’est une tonne. Mais dans cette tonne, on distribue une grande part à des associations qui récupèrent les barquettes non distribuées, les yaourts, les fruits ».
Mais comment Nanterre a réussi à réduire considérablement les « inmangés » de ses écoles scolaires. Pas dans une lamentation permanente face aux enfants récalcitrants à ingurgiter les aliments qu’on leur donne comme en a été témoin le conseil municipal de Rueil le 8 octobre 2024. L’élue à l’éducation avouait se sentir impuissante face aux enfants qui ne veulent pas manger et se plaignait de ne pas savoir quoi faire face à la montagne de déchets alimentaires qui en résulte.
Pourtant Nanterre fonctionne comme à Rueil sur le principe d’une cuisine centrale qui prépare 9000 repas par jour, puis livre en liaison froide toutes ses écoles et autres.
Alors pourquoi le niveau de satisfaction a l’air plus élevé et le gâchis bien moindre.
D’abord Nanterre a gardé le contrôle de sa restauration scolaire et gère le service en régie, c’est-à-dire sans prestataire extérieure comme à Rueil ou les cantines ont été confiées à Scolarest, filiale de Compass, une multinationale cotée en bourse et qui chaque année distribue des milliards de dividende à ses actionnaires. Avant Scolarest, c’était Elior, également côtée en bourse.
La course aux profits pour les actionnaires est donc inexistante, pas une préoccupation en tous cas à Nanterre.
Ensuite, parce que sans éduquer les enfants, Nanterre a mis en place des cahiers de satisfaction pour obtenir des informations de qualité de la bouche directe des petits consommateurs. Et ils en tiennent compte d’après cet agent.
Ces mêmes enfants sont invités, sur les temps de l’école ou du centre de loisirs à venir visiter la cuisine centrale afin d’appréhender le processus de fabrication dans sa totalité.
Et puis pour finir, l’accent est mis sur la qualité des ingrédients et leur préparation. Circuits courts avec un approvisionnement en Ile-de-France au maximum, et produits bio sont également de mise.
Résultat : Une tonne par mois d’inmangés sur plus de 9000 repas servis par jour, des enfants qui sont impliqués et in fine mangent, et une structure de fabrication pourtant similaire à celle de Rueil.











