Pour commencer, il faut dire qu’on ne peut que se réjouir de ce sang neuf, pas jeune ni fun, mais neuf dans le débat démocratique local et être heureux de voir que 53 personnes ont décidé de braver leur ignorance manifeste du fonctionnement de la ville pour se lancer dans la course à la municipale rueilloise.
Ceci étant dit, après lecture, on déchante assez vite.
Si vous êtes pressés, la seule mesure précise et différente de ce qui se fait déjà, dans les dix pages d’approximation mis au format PDF par Laurent Chaussec le 16 février à 13h02, c’est de vouloir supprimer les 21000€ de subvention à l’association Solidarité migrants qui officie à Rueil depuis 40 ans, et que ce groupe « A la reconquête de Rueil » classe parmi les « associations politiques, idéologiques, ou militantes », ce que cette association n’est pas.
Bref, évidemment, ce qu’on trouve en premier dans ce long charabia, c’est l’obsession sécuritaire d’abord. « Ce qui arrive aujourd’hui dans de nombreuses grandes communes peut arriver demain à Rueil-Malmaison si l’on baisse la garde », affirment-ils en proposant d’ajouter 6 (oui six) policiers municipaux sur 2 ans (pour peu que les autres ne démissionnent pas), Ils ne savent pas qu’il y a quelques années encore, la ville en comptait plus de 100 contre une cinquantaine actuellement.
Et les caméras évidemment, ils proposent d’en ajouter 20 aux 200 disponibles pour arriver à 250 ! (c’est leur calcul).
« Cette installation, énoncent-ils et c’est repris tel qu’écrit dans leur « programme », sera cofinancée (sic) par un investissement municipal d’environ 500k€ » (subventions déjà prévues au budget) » (sic encore).
N’ayant sans doute pas pris le temps de lire le budget, ils affirment qu' »aujourd’hui le budget sécurité n’est pas lisible pour les citoyens », et proposent « une ligne dédiée dans le budget » qui est pourtant déjà présente. Quand bien même ça ne l’aurait, c’est quand même la première de toutes les mesures qu’une majorité pourrait mettre en œuvre dans une ville, à savoir afficher une ligne comptable dans un budget…
Puis suivent en matière de ce qu’il appelle « urbanisme » tous les poncifs mobilisateurs dans les milieux conservateurs, à savoir remettre des places de stationnement « en surface » pour les voitures dans le centre-ville (le reste de la ville n’est pas dans leur viseur) et lutter « sans relâche auprès de la Métropole du Grand Paris afin de nous opposer à l’instauration d’une ZFE qui engloberait notre commune ». Donc si on comprend bien, ZFE pour les autres villes mais pas à Rueil.
Pour finir, ils proposent de simplifier le PLU qui est soi-disant « illisible pour les habitants comme pour les professionnels », pour imposer « la notion de Beau pour tous les projets de construction ou de rénovation ». On imagine les discussions autour des permis de construire :
– Monsieur, votre construction n’est pas autorisée
– Heu pourquoi ?
– Parce que c’est pas beau !
– Même pas vrai, c’est beau ma maison
– Nan, c’est moche, interdit construire maison pas beau, c’est reconquête qu’a dit !
On retrouve dans tout un chapitre consacré à la politique familiale, leur volonté d’augmenter les places en crèches en créant un « guichet unique » (qui existe déjà, c’est le service petite enfance) et donner la priorité aux familles dont les deux parents travaillent, ce qui se fait déjà, malheureusement au détriment des autres parents qui ne peuvent pas profiter de ce service de socialisation essentiel aux développement de leurs enfants.
Mais on retrouve surtout dans ce chapitre, l’obsession classique des extrémistes intégristes de tous bords concernant l’école et leur volonté de contrôler ce qui se dit à leurs enfants. Les membres de Reconquête Rueil veulent faire adopter « une charte municipale de neutralité et de transparence » (ce qui est déjà le cas mais peut-être parlent-ils du privé religieux catholique et juif) et obliger l’école à annoncer « toute intervention extérieure (thème, intervenant, supports) ». On ne sait pas si cette suspicion d’opacité s’applique à l’école privée.
Dans leur chapitre intitulé « Budget », Ils évoquent vaguement mais avec certitude quelques économies et veulent éventuellement « réduire le coût des intérêts quand c’est possible ». Ce qui a l’air d’être sûr en revanche, c’est que les 21000 euros à Solidarité migrants vont sauter.
Pour conclure, un « programme » regroupant des mesurettes enveloppées d’un remugle mais ils s’engagent à ne pas voter d’augmentation et « à refuser toute hausse décidée par la mairie », et ça c’est déjà pas mal.











